Reprise des écoles de surf en mode gestion sanitaire

Eco-Safe Surfing et le Syndicat des Professionnels du Surf ont donné la parole aux gérants d’écoles de surf pour dessiner l’après confinement. Le SPS a parachevé l’écriture d’un protocole de reprise de l’activité d’enseignement du surf dans un contexte de déconfinement, en s’appuyant sur les préconisations du ministère de la santé.

Cette charte propose des solutions afin de protéger de la contagion les encadrants, personnels et stagiaires surf. Elle n’a pas la prétention de se substituer aux recommandations officielles mais permet d’imaginer comment l’activité pourra se faire en prenant les précautions adaptées.

La première étape concerne le retour à la pratique individuelle libre du surf mais nécessite une ouverture des plages qui n’est pas encore acquise. Ces grands espaces se prêtent pourtant à la distanciation sociale.

Fragilisés économiquement, coupés de leur lieu d’exercice, l’espace océanique, les professionnels enseignants du surf n’envisagent pas une reprise d’activité à tout prix mais placent, au centre de leur réflexion, la santé de tous.

Lettre envoyée au Préfet de Nouvelle Aquitaine, le 28/04/2020, par le président du SPS, Michel Queyraud

Madame La Préfète,

C’est au titre du Syndicat des Professionnels du Surf, seul syndicat représentant les Écoles de surf et les Moniteurs titulaires du BE ou BPJEPS sur le territoire français, que je me permets de vous communiquer des propositions règlementaires, visées par des représentants du corps médical, en réponse à la reprise attendue de nos activités professionnelles.

Rassemblant des acteurs de terrain essentiels à l’économie touristique du littoral aquitain par le rôle d’interface du tourisme côtier avec le domaine maritime, y compris en matière de sécurité, notre syndicat se tient à votre disposition pour participer à la définition des règles entrant dans le cadre de la
réouverture des plages qu’implique l’État d’Urgence sanitaire en vigueur, lors du déconfinement à venir.

Notre activité relevant de la presta;on de services auprès de tout public, notre position se veut indépendante du monde sportif dont les instances fédérales du surf sont en charge. Nous situons cette démarche au titre d’une profession qui prépare le redémarrage de l’activité économique de ses TPE et de ses indépendants, dont l’année d’activité est d’ores et déjà compromise sur de nombreux plans.

Lors du colloque de présentation de la stratégie 2020 organisée par le CRT NA le 04/02/20 auquel nous étions invités, nous avons entendu que le surf serait utilisé comme principal argument de l’offre touristique de la Nouvelle-Aquitaine. Le calendrier d’actions défini par le CRT étant à ce jour plus que
compromis, nous souhaitons apporter notre pierre à l’édifice afin que la reprise se déroule dans les meilleures conditions car il en va, non seulement de la vie de nos organisations et de l’emploi direct et indirect qu’elles génèrent, mais de la qualité d’accueil et d’offres faites aux vacanciers pour la saison estivale à venir.

Vous remerciant par avance de l’accueil que vous ferez à nos intentions, je vous prie de croire, Madame La Préfète, à l’expression de nos sentiments respectueux.

CHARTE D’ENGAGEMENT DES ÉCOLES DE SURF
saison 2020 – post déconfinement covid19

1) Accueil des stagiaires au sein de l’école

  • L’accueil de l’École de Surf se fait uniquement à l’extérieur du local avec mise à disposition d’un distributeur de gel hydroalcoolique. Un panneau d’information portant les recommandations en vigueur de l’ARS (gestes barrières, distanciation physique) doit être parfaitement visible. La personne en charge de l’accueil porte un masque règlementaire et rappelle systématiquement les instructions sanitaires en vigueur.
  • Une personne est accueillie à la fois pour les demandes de renseignements ou d’inscription. Respect de la distanciation entre les clients, avec marquage au sol recommandé.
  • Chaque transaction ne nécessitant pas de retours (dépôts de fiche d’inscription, chèques, chèques vacances) sont à déposer par le client dans une urne située sur le comptoir d’accueil.
  • Pour les paiements nécessitant un retour, la personne en charge de les réceptionner ou rendre la monnaie doit se laver ou se désinfecter les mains après chaque transaction. Privilégier les règlements par virement et
    cartes bancaires sans contact.
  • Il est demandé aux stagiaires de venir avec leur maillot de bain sur eux et si possible avec leur combinaison, équipé d’un masque selon la règlementation en vigueur, et avec un minimum d’affaires qu’ils doivent laisser dans leur sac personnel devant le local de l’école, sous surveillance. Les contenants éventuellement utilisés pour le stockage individuel sont désinfectés après chaque usage.
  • Une ou des cabines individuelles pour se changer à l’extérieur du magasin, peuvent être à disposition. Si tel est le cas, elle font l’objet d’une double désinfection après chaque usage.
  • L’accueil des écoles qui habituellement transportent les stagiaires par véhicule collectif ou minibus jusqu’à la plage, sauf à respecter les règles en vigueur au sein du véhicule utilisé (soit 1 place occupée sur 2, et port du masque obligatoire), doit se faire individuellement au pied de la plage où se déroulent les cours.

2) Déroulement des cours de surf

  • Les cours collectifs de surf sont délivrés pour 8 stagiaires au maximum, selon l’usage règlementaire de la pratique sur le territoire français.
  • En fonction de la nature du littoral (accès aux zones réglementées et non règlementées, placements des baïnes et des bancs de sable), les collectivités locales pourront réunir les professionnels autorisés à exercer sur leur zone règlementée, afin de trouver un accord sur le nombre optimal de créneaux à effectuer.
  • En fonction de l’état de la mer et de l’affichage par drapeau sur plage des services de sauvetage en mer de
    la commune, les prestations seront délivrées en évitant au maximum tout risque d’assistance directe du moniteur auprès des stagiaires ; les prestations ne sont pas délivrées si affichage du “drapeau rouge”.
  • Dans l’hypothèse où de nouvelles préconisations sanitaires seraient décrétées, celles-ci seraient immédiatement mises en œuvre.
  • L’accueil est réservé à une clientèle ne nécessitant pas d’assistance et de contacts physiques de la part du moniteur, comme les enfants trop jeunes ou le public à mobilité réduite.
  • Le temps d’enseignement peut être réduit de 2h00 à 1h30 (1h00 sur la plage et dans l’eau) en fonction du positionnement géographique de l’école (temps déplacement école-plage).
  • Respect de la distanciation physique entre les clients pour aller à la plage et au moment des explications et du briefing du moniteur diplômé BE1, BE2 ou BPJEPS ; ces certifications (ou diplôme) étant les seules dans le secteur du surf, à intégrer la formation PSE1 et légitimant la posture de prophylaxie des moniteurs.
  • Favoriser une pédagogie avec le moins de retours sur plage possible.
  • Les planches seront désinfectées après chaque utilisation, selon le principe de la double désinfection.
  • Après chaque utilisation, les stagiaires devront plonger leur combinaison néoprène dans un récipient
    contenant un désinfectant en respectant les conditions d’utilisations (dose, temps de trempage, rinçage), selon le principe de la double désinfection. Pour éviter une surcharge de travail au moniteur et en particulier concernant le port des charges, les clients seront invités à suivre l’opération de désinfection de bout en bout (trempage, rinçage, étendage).

La location de matériel doit être soumise aux mêmes règles d’hygiène et de distance.

 

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Blabla sur le développement durable : la bureaucratie aux commandes

Définition du développement durable donnée en 1987 par la Commission mondiale sur l’environnement et le développement de l’ONU appelée « Commission Brundtland » : « un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. » Citation de Mme Gro Harlem Brundtland, alors Premier Ministre norvégien.

Le terme « développement durable » recèle une ambigüité qui en fait un concept fort malléable. En effet, les deux mots ne s’accordent pas facilement dans un modèle économique où le profit tend à écraser le vivant dans une politique de la terre brûlée : licenciements de masse, dégradation des écosystèmes, pour ne citer que deux exemples.

Aussi, le concept de développement durable vise non pas à remettre en question une course à la croissance mais à la tempérer en prenant garde de  préserver équilibre social et environnemental. A partir de là, on se doute que le curseur peut bouger d’un bord à l’autre. Dès lors, le développement durable  devient objet de toutes les récupérations. Si l’on reprend Orwell, on pourrait parler d’un mot vidé de son sens, capable d’exprimer son contraire. Le développement durable devient alors non plus un code de conduite mais un marqueur de qualité, utilisé comme argument marketing :

Aujourd’hui, tout le monde déclare, à coups de campagnes de communication, vouloir s’engager dans le développement durable : les politiques s’emparent du concept, de même que les conseils régionaux et départementaux, les comités touristiques, les fédérations, les entreprises et jusqu’à Monsanto qui prétend faire du développement durable.

Ici, je m’intéresserai aux relations qu’entretiennent les instances touristiques régionales et départementales avec les acteurs de cette économie sur le terrain, et plus particulièrement les professionnels du surf.

Un système pyramidal sourd et aveugle

Nous vivons à l’ère du libéralisme économique le plus sauvage et pourtant, paradoxe étrange, d’acteurs libres et entreprenants, source d’expertise et de proposition, nous sommes devenus des administrés muets, enchaînés aux directives d’en haut.

La réunion de la « Filière Surf », organisée par le Comité Régional du Tourisme le 04/02/2020 pose des objectifs et stratégies concernant le développement du tourisme « surf » en Aquitaine. Les membres du Syndicat des Professionnels du Surf, avec leur énergie toute neuve, étaient présents lors de cette réunion pour nous livrer leur sentiment. Le compte rendu officiel de la réunion, rédigé par le CRT, permet également de connaître les préconisations du comité.

A cette réunion étaient, comme toujours, sous-représentés les professionnels du surf ; seule la voix de Michel Queyraud, président du Syndicat des Professionnels du Surf (SPS), a pu faire valoir notre point de vue, en parfaite dissonance avec les stratégies fort peu durables du CRT. Sa voix a, je pense, été perçue comme un gravier dans les rouages de l’administration. Pourtant, ses remarques soulèvent effectivement quelques incohérences. Eco-Safe Surfing (association qui regroupe les gérants d’école de surf privées) exprime également un certain nombre de réserves.

Une base cantonnée au rôle d’administrés

Une stratégie sourde aux besoins des acteurs sur le terrain : en effet, qu’y a-t-il de durable à vouloir faire venir les Chinois, champions du tourisme de masse, sans engager dans le même temps une réflexion sur la gestion responsable de cette fréquentation et de son impact ? Le CRT veut prospecter des clients aux quatre coins du Globe et nous parle d’adapter notre qualité d’accueil à ces clientèles diverses. Mais dans une vision durable du tourisme, ne faut-il pas également adapter les flux touristiques aux territoires pour préserver la nature, l’identité culturelle, de même que les acteurs de cette économie locale ?

Rappelons-nous que jadis, les offices de tourisme, nourris de subventions publiques et donc de nos deniers, entretenaient avec les entrepreneurs locaux une relation de partenariat, de l’ordre de l’échange de bons procédés : en échange de subventions, chaque OT œuvrait à l’accueil des touristes en leur communiquant les offres des prestataires locaux. Avec la mise en place de nouveaux outils de communication, notamment sur le web, les services des OT sont progressivement devenus payants pour les acteurs locaux, faisant glisser les prestataires du statut de partenaires vers celui d’adhérents. On pourrait même dire, de clients, avec tous les risques que cela comporte. En effet, un client peut partir, décider de communiquer via des prestataires privés.

L’arme du CRT pour démontrer la capacité des territoires à fournir un accueil de qualité, dans l’enseignement du surf mais également dans l’hébergement, c’est la multiplication des labels, présentés comme des marqueurs de qualité.

Avec cette stratégie des labels, le partenaire glisse vers le statut de client. Le CRT ressemble de plus en plus à une entreprise à but lucratif, qui ferait le distinguo entre ses bons clients et des clients de seconde main. Labels utilisés comme outils de coercition, puisqu’ils permettent d’enchainer le client à un cycle de devoirs et d’obligations envers l’entité qui a émis le cadre réglementaire de ces labels. Le développement durable de la ressource humaine, la cohésion sociale, difficile à distinguer dans cette approche quelque peu rigoriste.

Cela est d’autant plus flagrant avec le dernier né des labels de qualité du Comité Départemental du Tourisme, la marque Surf House.

Deux petits surfcamps landais s’étaient tournés vers leur OT de proximité, pour deux raisons : la première, l’ouverture d’un complexe géant piloté par un grand groupe hôtelier, et qui en cassant les prix risquait de les avaler tous crus. Deuxième raison, les sufcamps français payaient des taxes de séjour prohibitives parce que les instances touristiques ne parvenaient pas à les faire entrer dans une catégorie d’hébergement.

Leur singularité, qui était aussi leur principal atout commercial, n’allait pas résister longtemps à la nécessité pour l’administration de tout réglementer, classifier, peut-être pour des raisons fiscales.

Comme solution, on leur proposa de s’associer au Conseil Départemental du Tourisme pour piloter la création du référentiel d’un label surfcamp, qui bien vite échappa à leur contrôle puisque l’un de ces deux surfcamps se vit refuser le label, à cause d’un détail minime (2 mètres carrés).

La bureaucratie s’était emparée du référentiel, avec des cases à remplir, parfois absurdes et contradictoires : ainsi, un surfcamp, à qui le référentiel demande un engagement éco-responsable, ne peut prétendre au label s’il ne possède pas de micro-ondes (les produits surgelés emballés dans du plastique sont pourtant ce que l’on peut faire de pire en terme de développement durable).

Les critiques de la base se perdent dans les arcannes de l’administration. Les gérants de ces surfcamps sont auditionnés par des « terrestres », pour ne pas dire le mot bureaucrate, qui viennent leur dire ce que c’est que d’être un surfeur, de véhiculer une image surf, avec tous les clichés et les raccourcis que cela peut occasionner.

En imposant cette politique des mille labels, ces comités du tourisme créent une stratégie dans laquelle la bureaucratie transforme les acteurs sur le terrain, non plus en professionnels responsables, mais en un troupeau servile, uniformisé, docile et consentant. En effet, celui qui ne réunit pas les conditions d’accès à ces labels se voit maintenu dans une sorte de purgatoire tandis que les élus au label sont mis en avant dans les supports de communication des CRT et CDT. Il faut se soumettre à la norme imposée par l’administration touristique, du haut de son olympe, sous peine d’être exclu.

Un tourisme « hors sol »

Rappelons que le tourisme n’est pas produit par les comités et offices de tourisme mais par les hommes et les femmes qui, sur le terrain, ont fait le pari de vivre, sur des périodes souvent très courtes, de l’accueil des vacanciers. Et qui par la force de leur travail contribuent au dynamisme et à l’attractivité de leur région.

Le CRT prétend améliorer la qualité de l’accueil à coups de labels, mais à aucun moment ne s’interroge sur un aspect pourtant primordial au maintien de cette qualité : les conditions dans lesquelles les professionnels du surf exercent leur activité sont-elles réunies pour garantir la bonne santé de ces entrepreneurs et salariés sur le terrain ? Les études commandées par la région au fil des décennies, jamais suivies d’actions sur le terrain, prouvent bien que les stratégies se perpétuent, inchangées, sans prendre en compte cette dimension humaine et sociale.

Dans les stations balnéaires côtières, les travailleurs saisonniers, souvent très jeunes, vivent un chemin de croix pour réussir à se loger. Une vision moyenâgeuse et condescendante continue d’entourer le travailleur saisonnier alors même que le CRT fanfaronne ses 30 millions de visiteurs étrangers par an.

Seules quelques municipalités proposent à ces saisonniers des solutions de logement tandis qu’ils continuent d’être traités, souvent, comme une manne corvéable à merci. « Ca va, vous êtes jeunes ». Or, comment changer les mentalités si l’administration ne prend pas en compte cette précarité, qui est pourtant factuelle, et dont on se doute bien qu’elle n’induit pas un accueil de qualité optimale.

Il en va de même des surveillants de baignade, garants de la sécurité des baigneurs sur nos côtes. Alors que les pompiers bénéficient d’un certain prestige, les surveillants de baignade sont bien mal considérés par les municipalités qui les emploient, avec de faibles perspectives d’évolution alors qu’il faut bien, à minima, quelques surveillants expérimentés pour former les jeunes recrues de l’été.

Quant à la filière enseignement du surf, elle est attaquée de toutes parts, sujette à réglementations tandis que s’exerce en toute impunité la concurrence déloyale des tours operator étrangers et des prestataires européens, alors qu’elle étouffe sous le poids du nombre, les lieux de pratique étant saturés par l’augmentation du nombre d’écoles et d’encadrants de surf. Bien que ces professionnels du surf soient les garants de la sécurité des plages (pendant et hors périodes de surveillance) et les témoins des atteintes environnementales, leurs remarques et préconisations ne sont pas suivies d’effet, elles ne sont tout simplement pas entendues.

Michel Queyraud, président du SPS, parle, à l’endroit du CRT, d’une « stratégie hors sol », complètement déconnectée de la réalité du terrain et de ses acteurs. Selon lui, la stratégie du CRT se résume ainsi  : « oui à une croissance quantitative, qui s’appuie paradoxalement sur les concepts de qualité d’accueil, de respect de l’environnement et de durabilité, mais exit la question du développement local et de la régulation de la pratique commerciale du surf ».

D’ailleurs, la réunion, pour enrichir une réflexion concrète sur la thématique du développement durable,  souffrait également de l’absence du Conservatoire Régional du Littoral ou de quelque autre organisme de protection environnementale. Tourisme éco-responsable et tourisme de masse sont difficilement conciliables, mais le CRT brandit des chiffres d’affluence comme on agiterait un trophée.

A l’issue de la réunion, le CRT a émis un document intitulé : RECOMMANDATIONS, Actions de promotion pour la valorisation de nos destinations, filières et grands acteurs touristiques. Ce plan d’action prend en réalité la forme d’une suite de tableaux proposant la participation tarifée à des salons, actions marketing et ateliers sur la thématique du développement touristique et l’on se rend compte qu’il s’adresse en effet à de « grands acteurs touristiques », que ce soient des collectivités ou bien des tours opérateurs. En effet, à 3.000 ou 19.000 € la participation, cela fait le tri.

L’occasion de rappeler que les initiatives les plus innovantes, originales et séduisantes ont tendance à être portées par des actions citoyennes issues du terrain, respectueuses de justice sociale et de la préservation des cadres de vie. Tel ce petit village anglais, sujet d’un article dans Libération et qui a déclaré la guerre au plastique.

Situés tout en bas de la chaîne de décision, les acteurs sur le terrain se sentent souvent infantilisés, on les étudie comme on étudierait de lointains papous et puis on les laisse mâchouiller, fébriles, leurs racines de manioc tandis qu’ils prennent de plein fouet les turbines de la mondialisation. Débrouillez-vous, on va commander une nouvelle étude.

Les initiatives écocitoyennes, les regroupements en autogestion, toutes ces formes d’organisation alternatives expriment un besoin de la base, comprendre ici les travailleurs et les entrepreneurs, de pouvoir agir dans l’espace démocratique autrement que par le vote. C’est tout le sens, je pense de l’action d’Eco-Safe Surfing et du SPS, de se regrouper pour être entendus par les institutionnels et que cela se concrétise par des actes. On pourra reparler alors, de développement durable.

Eric Lafargue, président de Eco-Safe Surfing

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Guide régionale du surf

Ça y est, le guide régional du surf tant attendu est arrivé et nous pouvons remercier Élise Couturier, la chargée de mission de ce projet, de nous avoir intégrés dans la réflexion. Par nous, j’entends : les écoles de surf privées dont l’association Eco-Safe Surfing a voulu se faire le porte parole, afin que leur vision du terrain et problématiques soient connues du collectif d’institutionnels aux commandes.

Le temps est venu d’analyser ce guide de gestion des écoles de surf qui se présente ainsi :

Véritable outil pédagogique, le guide s’adresse en priorité aux collectivités littorales, mais peut aussi intéresser les professionnels associatifs et privés de la filière surf.

Financé par l’Etat, la Région Nouvelle-Aquitaine et la Fédération Française de Surf

Nous saluons le travail accompli, le guide donne un cadre juridique pour protéger les municipalités qui réglementent l’activité surf mais aussi pour leur éviter de prendre des mesures contraires au droit, à la justice sociale et à la protection de l’environnement.

Données sur les éducateurs français mais aussi sur les diplômes de surf étrangers

Le guide reprend quelques données émises par l’enquête métier du Pôle Ressources National Sports de Nature et vient apporter des précisions sur les diplômes émis à l’étranger, qui se voient délivrer une LPS (libre prestation de service). Nous reviendrons sur ces données, pour certaines peu réalistes dans la pratique, afin de comprendre comment la DDCSPP gère la délivrance de ces LPS.

A noter cet éternel oubli : aucune information sur les ressortissants français formés sur le sol français à l’un de ces diplômes émis par des instances internationales tels que l’ISA, et qui selon la rumeur, devraient s’exiler à l’étranger faire un certain volume d’enseignement avant de pouvoir demander une LPS en France ? Tout cela est pour le moins opaque, à l’heur où les écoles françaises peinent à former des stagiaires ou à embaucher des éducateurs nationaux.

 Lacunes exprimées par les éducateurs français en formations

Le besoin en « Perfectionnement technique » apparaît assez rapidement dans la hiérarchie des besoins exprimés, comme l’avait souligné notre propre enquête auprès des professionnels, ce qui révèle bel et bien une stagnation dans la qualité et la diversité des formations proposées aux éducateurs surf.

Un guide d’organisation des évènements

De nombreux éléments réglementaires à consulter et à connaître. Également, à la page 18, une phrase qui ne laisse pas indifférent au vu de la réalité sur le terrain :

Dans le cas de pollution (notamment liée aux groupes électrogènes), les sédiments souillés devront être acheminés en déchetterie.

Nous pensons évidemment aux mairies de Hossegor et de Capbreton qui déversent sciemment sur la plage du Santocha des sédiments issus du lac, nous ne dirons pas contaminés, mais pour le moins souillés (métaux lourds, etc). Sans intention de les acheminer à la déchetterie puisque dans ce cas particulier, c’est la plage qui tient lieu de déchetterie. Action qui n’est pas ponctuelle mais quotidienne.

La même rigueur réglementaire s’abat de manière bien inégale selon que l’on est un particulier ou une collectivité. Il est regrettable que la connaissance des règles ne protège pas toujours les populations.

Aménagement et environnement

Le guide déconseille le recours à des engins motorisés pour gagner des plages hors zone réglementée. A Soustons, l’UCPA bénéficiait d’une autorisation de circuler sur la plage, délivrée par la mairie, afin de déposer le matériel de surf sur les lieux de pratique. Le guide n’a aucun pouvoir de contrainte sur les professionnels et sur les mairies mais chacun est libre de s’emparer de son contenu :

Le recours à la circulation motorisée ne peut être encouragé dans le cadre d’un développement durable de l’activité. Le recours aux vélos à assistance électrique peut constituer une alternative à encadrer et à prévoir dans le cadre de l’aménagement des plans plages.

Favoriser la mixité des usages / Renforcer le rôle et la mission du club de surf

Sous réserve que la vocation associative du Club soit clairement prédominante et que celui-ci ne soit pas perçu comme un concurrent des écoles au niveau local, il semble que son rôle pourrait être renforcé de par le projet pédagogique et social qu’il porte, son implication et son ancrage local, mais également sa connaissance du milieu marin.

Le GIP a bien pris note de nos inquiétudes quant aux agissements de certains élus, prêts à favoriser un club de surf devenu une machine de guerre commerciale détournée de sa vocation d’origine, prêts à le favoriser au détriment des entreprises privées ou des autres associations, en toute partialité, sans soucis de l’équilibre socio-économique du tissu local.

Le GIP suggère ainsi que le club de surf soit consulté par la mairie dans sa mission de réglementation, lorsque cela est pertinent, mais n’est pas favorable à une gestion des autorisations par les écoles de surf elles-mêmes.

Des préconisations assez vagues concernant le personnel chargé de sélectionner les écoles selon des critères pondérés :

Une commission d’analyse des candidatures par un comité indépendant devrait être mise en place.
Sa composition pourrait être étendue à un champ large de professionnels : sécurité (gendarmerie), surveillance (MNS), élus et techniciens, services sports…

Préconisation pour les loueurs

Les conseils et mises en garde données par les loueurs pourraient être couchées sur contrat afin de se couvrir au niveau de la responsabilité :

Les informations ainsi données pourront être complétées par la mise en place d’un document écrit signé par les clients, stipulant qu’ils ont bien pris connaissance des règles de pratique.

Les mairies doivent réglementer et réguler pour permettre un développement durable de l’activité

Il y a, je pense, dans cet intitulé le rappel d’un respect de la mixité des usages, mais aussi de respect de l’aspect environnemental comme social.

Une mesure de police doit être respectueuse des libertés de chacun et régulière, c’est-à-dire qu’elle doit prendre en compte le droit des usagers de pratiquer effectivement leur activité 18 ; et la liberté du commerce et de l’industrie et les règles de concurrence 19.

Dans le détail des attributions d’adjudications

Le guide préconise que lorsque les écoles sont soumises à la délivrance d’autorisations mais également de concessions, la même durée devrait s’appliquer, pour permettre à ces entreprises d’amortir leurs investissements notamment. Et ce point très important :

Aucune redevance ne pourra être perçue par la collectivité pour la délivrance de ces autorisations.

Les concessions de plage ne sont bien sûr pas gratuites, puisqu’il y a privatisation d’une portion de l’espace public pendant plusieurs mois.

Mais le guide n’encourage pas les mairies à émettre des taxes en échange d’autorisations. Il est dommage que les éléments juridiques ne soient pas ici divulgués, qui eussent permis aux écoles de se défendre contre ce genre de pratiques. On devine là que le guide a été conçu avant tout pour protéger la collectivité.

Modèle de tableau de sélection des écoles de surf

Dans le modèle proposé par le GIP, il y a dissociation entre autorisations et concessions.

En effet, les candidats pour l’acquisition d’une concession de plage, du fait de la délégation de la personne publique d’un pouvoir d’occupation mais aussi d’entretien d’une portion du littoral, ont des devoirs supplémentaires que n’ont pas les autres usagers de la plage, qui ne font que passer.

Ainsi, le GIP préconise l’acquisition de labels et la participation de la promotion du surf aux côtés des instances touristiques, comme gage de qualité. Chacun peut consulter ce tableau p54 pour en connaître les éléments de sélection proposés (justificatifs de diplômes, carte pro, assurances, secourisme à jour, etc).

Toutefois, pour tout ce qui concerne les actions à caractère bénévole, seules les écoles demandeuses de concessions de plage doivent présenter des projets à caractère social, citoyen et environnemental, d’information, de sensibilisation, de suivi de satisfaction, de développement, organisation de compétitions, etc. De même que des opérations de conservation et d’entretien de la plage … et le montant de la redevance.

Cours de surf pouvant être assimilés à une occupation temporaire du DPM (Domaine Public Maritime)

Il s’agit de toute école en exercice sur la plage. Les contrôles réalisés par la commune peuvent se faire via le personnel municipal. Toutefois, et cela va faire plaisir aux surveillants de baignade :

Ce n’est pas au chef de poste de contrôler ; celui-ci a davantage une mission liée à la surveillance et non au contrôle.

Le guide consacre toute une partie aux écoles itinérantes et vient affirmer que dans les faits la majorité des écoles ne sollicitent pas d’autorisation. Assertion douteuse au vu des nombreuses écoles itinérantes autorisées sur la côte landaise. On aimerait plus de précisions. Bien sûr, si l’on englobe les écoles de surf étrangères qui exercent hors zone, cette affirmation est sûrement avérée et peut être étendue à tous les autres aspects réglementaires de la pratique.

Les écoles itinérantes sont un peu présentées comme des petits filous qui se passent d’autorisation pour aller rajouter de la pression humaine et de la tension là où les écoles « normales » ont pignon sur rue.

Il y a comme un jugement de valeur concernant ces écoles itinérantes qui n’ont pas de locaux et qui sont pourtant celles qui laissent le moins d’empreinte sur le milieu naturel puisqu’elles n’utilisent pas de ressources en eau, ne construisent pas de paillotes sur la plage et ne font que passer le temps d’une mise à l’eau. Rappelons que le surf est un sport de nature.

Comme il est écrit au début du guide régional du surf et pour finir sur une note positive, il faut favoriser la mixité des usages !

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Mieux comprendre les enjeux du surf avec la sociologie

Ludovic Falaix nous livre une série d’articles, rédigés par un collectif de chercheurs, qui décryptent les dynamiques mises en œuvre dans le surf : augmentation du nombre de pratiquants, marchandisation du surf, mise en tourisme, concurrence déloyale des moniteurs ISA (évoquée depuis fort longtemps par le SNEFS), rapports du surf aux institutions, système des sous-concessions de plage, accidentologie et responsabilités, autant de thématiques qui éclairent le quotidien des écoles de surf :

Dossier Surf – Juristourisme 177

A l’heure où le surf est l’objet de toutes les convoitises et récupérations, cela rassure de savoir que des observateurs externes, juristes et sociologues, se sont penchés sur ces problématiques et que leurs conclusions font écho à ce que les moniteurs et gérants d’écoles de surf constatent au quotidien, de manière empirique.

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Surf Instructeur : BPJEPS versus ISA

Des tour operators étrangers sur le marché français du surf

Cela fait bien longtemps que le marché français des cours de surf est investi par des écoles de surf originaires d’autres nations européennes.

Ces écoles ont recours à des moniteurs de surf peu qualifiés au regard des standards français concernant l’encadrement des cours de surf. Elles échappent également à tout un arsenal de contrôles et d’autorisations qui pèsent sur les écoles de surf françaises. Et qui leur permettent d’exercer une concurrence déloyale sur le marché des cours de surf.

Le législateur justifiait sa tolérance envers ces surf camps en déclarant que ces derniers enseignaient à leurs ressortissants nationaux. En visitant les différents sites internet de ces surf camps, allemands, italiens ou espagnols, tous traduits en français et anglais, on se rend bien compte que ces entreprises ciblent une clientèle aussi bien française qu’internationale.

Le ministère des sports français a classé le surf comme « sport à environnement spécifique », c’est à dire que le milieu naturel dans lequel il s’exerce peut s’avérer dangereux et que pour enseigner le surf dans un tel environnement, un niveau de compétence élevé est exigé à travers le BPJEPS, successeur du BEES (Brevet d’Etat d’Educateur Sportif).

Ailleurs dans le monde, le surf est considéré comme un sport parmi tant d’autres, il n’est pas classé comme un sport à risques, et la Commission Européenne a donc approuvé le diplôme australien émis par l’International Surfing Association pour servir de référent en Europe. En vertu des équivalences de diplômes, un Allemand, un Italien ou un Lapon doté de l’ISA peut donc donner des cours de surf sur le sol français.

Véritables génies du marketing, ces surf camps allemands, hollandais, italiens, belges ou autres, qui embauchent des diplômés ISA, bien moins qualifiés que les moniteurs français, survendent le niveau de compétence de leurs instructeurs et ouvrent des sortes de franchises dans de nombreux pays, terres de surf. Moins payés car moins qualifiés, ces instructeurs ISA leur permettent d’être concurrentiels sur le marché français (qui exige des moniteurs français un diplôme d’État). On découvre d’ailleurs à côté de l’ISA d’autres diplômes de surf délivrés par des organismes néerlandais ou allemands tels que l’ASI (délivré par Ripstar qui a des surfcamps à Montalivet, Soulac, au Maroc, etc), un autre délivré par la fédération Surfing England pour 275 livres, etc. Le public étant ignorant du contenu réel de ces diplômes se fait d’autant plus abuser que le surf véhicule des images positives, de pureté, de sensations, de santé, de bien-être, de rencontres et de nature qui font oublier que derrière le sourire du prof se cache un entrepreneur rusé qui se joue des failles de la réglementation française et européenne.

Diplôme français Number One

Voici donc un petit comparatif illustrant  le coût mais surtout le temps de formation entre le BPJEPS et l’ISA :

  • ISA level 1 ou 2, organisé en France par la fédération autrichienne de surf : 889 €, 7 jours de formation (70h), 4 semaines de stage dans une école de surf accréditée par l’ISA (80h), le diplôme de secourisme First Aid de la fédération internationale de secourisme (30h). Total : 180 heures.

Comme pré-requis techniques démontrant la capacité à surfer des postulants instructeurs, une vidéo les mettant en scène en train de surfer des vagues faisant 1m50 de face.

  • BPJEPS formation courte : 4788 €, 4 mars au 10 octobre 2019, soit 5 mois, 399 heures.

BPJEPS formation longue : 7224 €, 4 février au 8 octobre 2019, soit 6 mois, 602 heures.

Comme pré-requis à l’entrée en formation : le diplôme de secourisme PSE1, une épreuve de performance en surf ainsi qu’une épreuve de natation (200m nage libre en 3’20 pour les garçons et 3’30 pour les filles). Suivis, si reçus, d’une épreuve écrite de 1h30 et d’un entretien oral. Inclus dans la formation, un stage de 2 mois dans une école de surf française, encadré par un moniteur BPJEPS.

L’ancêtre du BPJEPS, le BEES, exigeait également de posséder le BNSSA (diplôme que possèdent les surveillants de baignade) ainsi que le Tronc Commun (connaissances en biomécanique, physiologie, psycho-pédagogie, réglementation…)

Les moniteurs de surf français qui enseignent le surf en France sont tous dotés du BPJEPS (ou du BEES) et sans entrer dans le détail du contenu des formations respectives, on peut dire que les chiffres parlent d’eux-même. Leur niveau d’expertise au regard de la sécurité de la pratique et du contenu pédagogique est très au dessus de ce que proposent les écoles de surf internationales installées en France. A la lecture des discours grandiloquents sur l’excellence et le professionnalisme de leurs instructeurs, on peut d’ailleurs s’étonner qu’aucune de ces écoles étrangères n’embauche de moniteurs français. On comprend là que l’exigence de qualité s’efface devant le désir de rentabilité, un moniteur qualifié se payant bien sûr plus cher. Peut-on parler de néo-colonialisme lorsqu’on exerce une activité économique dans un pays en échappant aux contraintes réglementaires des nationaux ?

On regrette en tout cas que la commission européenne ait décidé de tirer le niveau de qualification vers le bas en reconnaissant l’ISA international, plutôt que le BPJEPS français, émis depuis le sol européen par le premier pays européen à avoir embrassé la pratique du surf. La fédération de surf allemande délivre d’ailleurs un diplôme sur le modèle du BPJEPS français (682 heures de formation), qui n’a pas non plus été retenu, le DWL Surfinstructor.

Dès lors, les écoles françaises et les surf camps non français se croisent sur les mêmes lieux de pratique, en faisant semblant de ne pas se voir.  Traités de manière inégale par le législateur,  au détriment de l’activité économique des uns et au bénéfice des autres,  un sentiment d’injustice légitime vient s’immiscer là où un échange constructif eut pu émerger entre les passionnés de surf issus de différentes nations.

Beaucoup de zones grises et de questions

Ainsi, cela amène quelques questions, à poser à la DRJS (Direction régionale jeunesse et sports) et à la DDCSPP (Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations) du lieu d’exercice de ces écoles de surf :

A l’instar des écoles et moniteurs de surf français, les détenteurs de diplômes ISA doivent logiquement faire une demande de carte professionnelle auprès du ministère de la jeunesse et des sports. Opérant souvent en zone non réglementée en limites communales, sont-ils contrôlés au même titre que les nationaux : obligation de carte professionnelle, de diplômes de secourisme mis à jour, de responsabilité civile, de moyens de secours (téléphone, trousse de secours, planche ou palmes pour porter assistance), de limite du nombre d’élèves (limite de 8 élèves par moniteur diplômé), de déclaration d’activité auprès de la mairie ?

Sinon, à quoi bon respecter les règles nationales si tout le reste de l’Europe les bafoue  pour s’en mettre plein les poches à moindre coût ?

Les surf camps étrangers sont-ils incités à régulariser leurs instructeurs, en faisant une demande de carte professionnelle ? Et de là, leurs employés instructeurs sont-ils dotés de cartes professionnelles dans les nombreux surf camps qui jalonnent le littoral français ?

Un test d’évaluation a déjà été mis en place par le passé, pour valider l’aptitude de ces instructeurs ISA à enseigner sur les plages françaises, considérées comme environnement spécifique par le législateur. Est-ce anecdotique ou bien ces tests ont-ils lieu chaque année ?

Il se dit que pour protéger le diplôme d’état français (BPJEPS), un ressortissant français qui passerait l’ISA, doit enseigner deux ans à l’étranger avant de pouvoir travailler en France avec son diplôme ISA (Carte pro délivrée alors par la DRJS). Si l’intention est louable, de protéger le diplôme le plus qualitatif, il apparait injuste qu’un Espagnol puisse travailler en France avec son ISA tandis qu’un Français devrait s’exiler deux ans pour pouvoir travailler chez lui !?

Quelques réponses

Mr Allaman, de la DRJS, que nous avions contacté sur cette thématique de la concurrence déloyale des écoles étrangères, nous oriente vers la DDCSPP qui pourrait peut-être nous dire si ces instructeurs venus de pays divers possèdent les autorisations requises pour enseigner et s’ils se sont soumis aux mêmes contraintes que les nationaux.

Il nous livre aussi quelques éléments à même de définir ce qui constitue un cas de concurrence déloyale au regard du droit français (les écoles privées se retrouvent confrontées à cette problématique lorsqu’une école étrangère exerce sans autorisation sur la même plage, ou lorsqu’une association à but non lucratif propose des stages de surf à prix cassés) :

  • Il faut prouver l’existence d’une faute (défaut de responsabilité civile, de carte professionnelle, de diplôme, de brevet de secourisme, de respect des normes réglementaires et de sécurité). Une faute peut prendre la forme d’un dénigrement (porter le discrédit sur quelqu’un. Exemple : « Surfer en club c’est mieux » laisse supposer que surfer dans une école privée serait moins bien) ; d’une confusion (introduire par exemple une confusion qualitative entre des diplômes), peu importe que ce soit intentionnel ou par négligence ; d’une désorganisation (par exemple, le détournement d’une commande ou d’un contrat, toute pratique frauduleuse pour obtenir des privilèges et passes-droit auprès des pouvoirs publics).
  • Le préjudice se caractérise par une perte de clientèle de la victime, il est souvent induit automatiquement par l’existence avérée d’une « faute » commise par un concurrent. De même que le lien de causalité.
  • Le parasitisme :  » le fait pour un tiers de vivre en parasite dans le sillage d’un autre en profitant des efforts qu’il a réalisés et de la réputation de son nom et de ses produits « .

Il faut ensuite saisir la juridiction compétente :  le tribunal de commerce, le Conseil des Prud’hommes ou les tribunaux civils.

Mr Bernadet, vice-président de la FFS, qui a également répondu à nos questions, nous oriente vers la direction de la concurrence et des fraudes qui émane de la DDCSPP.

Toutefois, les responsables de ces écoles françaises sont assez réticents le plus souvent à pratiquer la dénonciation car cela renvoie, consciemment ou non, à certains âges sombres de l’histoire européenne. Ces professionnels préfèrent se dire que le législateur met tout en œuvre pour que le principe d’égalité soit respecté au regard de la loi et des règlements. Ce n’est malheureusement pas le cas. Nous voici donc dans une impasse, aussi l’association se rapprochera-t-elle prochainement de la DDCSPP pour essayer d’obtenir de nouveaux éléments de réponse.

Sur une note positive

Pour conclure, je dirais que les moniteurs de surf français parlent généralement plusieurs langues étrangères et qu’ils seront ravis de partager leur connaissance des vagues françaises ainsi que leur art de vivre avec les visiteurs de toutes origines ! Le Français qui ne parle que sa langue maternelle est une espèce en voie de disparition, alors welcome !

Si voyager au milieu de ses concitoyens peut sembler rassurant, le véritable dépaysement culturel commence seulement lorsque l’on se mélange aux autochtones. Quoi de mieux alors que de prendre des cours de surf avec des éducateurs sportifs français lorsque l’on voyage en France !!

 

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Compte rendu de l’entrevue avec la Fédération Française de Surf

Eco-Safe Surfing s’est donné pour mission d’informer ses adhérents et de leur donner une voix pour exprimer leurs problématiques et leurs besoins. Cela oblige l’association à un long travail de recherche qui l’amène à questionner les choix stratégiques des institutions. Cette démarche se veut constructive, il va sans dire que la FFS a un rôle prépondérant dans l’avenir du surf en France, dans des domaines très diversifiés.
Pour éviter toutes réactions viscérales qui pourraient entraver les échanges entre les différents acteurs, nous essayons autant que possible d’être critiques sans porter de jugements hâtifs. Nous souhaitons simplement progresser ensemble et réfléchir aux moyens d’améliorer les conditions de travail et de formation des gérants d’écoles de surf et éducateurs sportifs.
C’est dans cette optique que nous avions sollicité le 17 avril une entrevue avec le président de la Fédération Française de Surf, qui nous a donné satisfaction le 23 mai, en la personne de son vice-président Mr Bernadet, en nous recevant dans les bureaux de la FFS à Hossegor.
Mr Bernadet était très bien renseigné sur les orientations et projets de la Fédération Française de Surf, si bien que j’ai pu, en tant que président de Eco-Safe Surfing, lui poser un grand nombre de questions, après lui avoir brièvement présenté l’objet de notre association et sa raison d’être.
Voici les enseignements tirés de cet entretien, si des erreurs de se sont glissées dans ce compte rendu, je serai tout à fait disposé à les corriger ultérieurement. La réglementation est un animal complexe qui s’attache différemment aux uns et aux autres, les réponses données ont suscité bien sûr de nouvelles interrogations.

Premier sujet abordé, l’accès aux stagiaires

L’accès aux stagiaires dépend de la formation, qu’on a tendance à associer naturellement à la FFS. Or, l’organisme d’état pour la formation, m’expliquait Mr Bernadet, c’est le CREPS. Les cadres de la FFS qui s’occupent de la formation travaillent pour le CREPS.  Une manière de dire, nous travaillons pour l’État, nous ne sommes pas seuls décisionnaires. Bien conscients de cela, nous nous étions déjà rapprochés de la Direction de la Jeunesse et des Sports.

A la question des stagiaires, sur le principe, n’importe quelle école peut demander un stagiaire, mais sur le principe seulement :

  • A l’issue de la formation, se réunit une commission d’attribution des stagiaires pour valider ou non les écoles qu’ils ont choisies et qui doivent répondre à certains critères de qualité. Les écoles labellisées FFS sont d’emblée mises en avant, pour les autres écoles, la FFS est consultée et donne un avis. L’argument avancé, c’est qu’elle n’a pas les moyens de connaître la qualité des 70% d’écoles non labellisées tandis que les écoles labellisées leur sont connues puisqu’elles ont été auditionnées.

Tout compte fait, il semble donc que pour obtenir un stagiaire, il faille être une école labellisée ou alors, pour se faire connaître par la FFS, devenir formateur bénévole pour la FFS.
Passons sur le fait qu’être formateur ne signifie pas forcement « être un bon formateur », de même qu’il est illusoire de penser que toutes les écoles labellisées FFS, auditionnées tous les 3 ans, répondent à des standards de qualité supérieurs à ceux d’une école non labellisée FFS.
Selon Mr Bernadet, une école labellisée disposant d’un stagiaire une année, pourrait se voir retirer ce privilège l’année suivante : le vice-président déclare que  la FFS, lorsqu’elle fait passer l’examen final, peut alors juger si le stagiaire a été correctement formé ou bien utilisé en mode usine pour donner des cours à la chaine. Et qu’alors l’école peut se voir refuser son stagiaire l’année suivante. La question d’un manque de stagiaires par rapport aux nombre d’écoles labellisées et de leur distribution entre les unes et les autres de ces écoles n’a pas été développée.
Le pourcentage d’examinateurs issus des cadres de la FFS, de l’UCPA ou d’autres organismes ne nous est pas connu, qui eut pu apporter un éclairage intéressant sur ces propos et révéler l’influence prépondérante de tel ou tel de ces différents acteurs sur la formation. En effet, d’un point de vue extérieur, il est difficile d’appréhender clairement le rôle des uns et des autres pour avoir une vue d’ensemble du système.

  • Des stagiaires pour les grosses structures : la sélection par l’argent.

Les organismes d’état prennent de moins en moins en charge le coût de la formation, celle-ci retombe alors sur les employeurs, les grosses structures qui sont en capacité financière d’avancer le coût d’une formation au BPJEPS. En échange d’une promesse de stage et d’embauche dans leur entreprise.

Notons que le vice-président de la FFS déclare que l’uniformisation des types de structure sur un seul modèle n’est pas un gage de qualité et que la diversité est souhaitable. Pour autant, la FFS se désengage de ces problématiques qu’elle juge identiques à celles que l’on retrouve dans d’autres secteurs d’activité professionnels : le financement de la formation, la concurrence des diplômes ISA et autres spécificités du surf restent donc des problèmes sans solution.
Prochaine mission d’Eco-Safe Surfing : obtenir des renseignements concrets pour connaître les modalités de paiement de la formation d’un stagiaire et les garanties contractuelles permettant de financer un apprenti BPJEPS en ayant la certitude qu’il aura le droit d’effectuer son stage dans la dite-structure qui l’a sponsorisé.

La formation : en relation avec la difficulté croissante à trouver des moniteurs à l’embauche tandis que le nombre de créations d’écoles se multiplie

Les clubs, les association affiliées à la FFS, sont favorisés par la politique fédérale des formations, il suffit de regarder les formations existantes. L’argument avancé, c’est qu’il y a beaucoup de bénévoles dans les clubs et qu’il convient donc de les aider et de les favoriser par rapport aux privés.
Le fait que les clubs soient concurrents directs des écoles privées sur les mêmes lieux de pratique, en proposant des prestations commerciales, est une donnée qui n’a pas été évoquée lors de l’entretien. Pourtant, le fait de disposer de personnels gratuits ou peu rémunérés permet bien sûr d’exercer une concurrence déloyale.
Ainsi, en dehors du BPJEPS, les diplômes intermédiaires existants ne permettent pas d’embaucher un moniteur de niveau intermédiaire contre rémunération, afin par exemple d’embaucher un diplômé français plutôt qu’un ISA  : le BIF permet actuellement d’enseigner bénévolement dans un club affilié, un monitorat fédéral va également être mis en place, mais toujours sur la base du bénévolat. Ces diplômés ne pourront travailler que dans des structures fédérales.
Un diplôme intermédiaire pour les écoles privées, labellisées ou pas ? Impossible car le surf est un « sport à environnement spécifique », il n’est légalement pas possible de travailler contre rémunération autrement qu’avec un brevet d’état ou professionnel. Dans les autres pays européens, le surf n’est pas classé sport à environnement spécifique, ce qui ouvre une brèche qui permet au diplômé ISA d’enseigner en France à ses ressortissants, de ce que j’ai compris, bien que le diplôme soit peu qualifiant. Des directives européennes quelque peu inégalitaires dans la répartition des contraintes professionnelles.
Malgré les éclaircissement apportés, on ne comprend pas bien comment le BIF s’accommode de la contrainte du statut de sport à environnement spécifique. En quoi le fait d’enseigner bénévolement permet-il d’échapper à la problématique de la dangerosité de l’activité en milieu océanique quand un diplôme équivalent permettant de travailler contre rémunération serait interdit ?
Faire évoluer son niveau de formation quand on a le BE ou BP, pour l’instant impossible : en effet, tous les deux ans est organisée une formation d’entraineur, dont les places sont limitées, et les clubs sportifs tournés vers la compétition sont prioritaires sur les écoles privées ou les associations qui ne sont pas affiliées.
Pourquoi des moniteurs issus de structures commerciales ne pourraient-ils pas prétendre à former des sportifs de haut niveau, dans le cadre du calendrier des compétitions mais aussi dans celui, hors compétition, du développement personnel  ? Une plus grande équité dans le droit à la formation ne permettrait-elle pas de créer les conditions d’un échange productif entre secteur privé et associatif ?

Solution envisagée par la FFS face au manque de profs à l’embauche : le BPJEPS, et le coût de la formation, vont être allégés (4 modules) pour rendre le diplôme plus accessible aux jeunes en recherche d’un job d’été, avec comme objectif de former plus de monde

Actuellement, grosso modo, sur 300 candidats par an aux pré-requis techniques, 60 sont pris en formation. A la question, pourquoi le niveau d’exigence technique aux pré-requis a-t-il augmenté ? Parce que le niveau global des pratiquants s’est amélioré.
La solution avancée, sans précision temporelle, pour réduire le nombre de création d’écoles : le DEJEPS et DESJEPS, diplômes au dessus du BPJEPS qui apportent des compétences pour gérer des structures et organiser les ressources humaines dans une équipe technique, pourraient donner droit à ouvrir une école (les BE et BP déjà diplômés auraient l’équivalence). Le BPJEPS ne permettrait alors plus que de travailler contre rémunération.
Mais pour cela, il faudrait que l’État réglemente la profession, comme il le fait déjà avec les coiffeurs, les infirmier, les médecins. Mais peut-on se raccrocher à cet espoir, lointain et indéterminé ?
L’UCPA est un Centre de formation national, donc en gros, elle fait ce qu’elle veut de ses formés :  lorsqu’elle paye la formation d’un jeune, cela se fait en échange d’un engagement à travailler pour elle, à priori tacite, mais qui dissuade probablement beaucoup les stagiaires de candidater ailleurs. Cette dernière remarque est purement spéculative et n’engage que moi.
Il semble probable que l’UCPA et les grosses structures captent l’essentiel des stagiaires et des formés : être formateur, labellisé et en capacité de payer le coût des formations constitue un avantage sur les autres écoles, c’est indéniable.
La FFS se désengage par ailleurs de la problématique des adjudications de plages en disant que c’est le rôle des maires et que malheureusement le marché  allait probablement se réguler de lui même, au profit des plus gros.

Quelques infos sur le label FFS et sa politique de formation au niveau européen

Le label FFS : d’après les informations recueillies lors de notre entretien, les écoles qui se portent candidates au label sont auditionnées la première année. Tout type de structure peut se porter candidat (également une école qui ne serait pas munie de vestiaires et de certains équipement), les écoles font ensuite l’objet d’un audit tous les 3 ans (un cadre réserve et prend un cours dans la structure).
Par ailleurs, une école labellisée n’a pas le droit d’embaucher de ISA et ses employés doivent avoir la licence éducateur de la FFS.
La FFS essaie de protéger et de valoriser les diplômes nationaux : en vertu de la spécificité française du surf, sport à environnement spécifique, les ISA sont parfois rattrapés par la réglementation française lorsqu’ils doivent faire la preuve de leurs compétences en situation dans le milieu qu’ils ont choisi pour enseigner. Ainsi, je précise n’avoir pas d’information sur la date ou la fréquence de l’évènement, il est arrivé que la DRJS procède à un test de compétences sur lieu de pratique : 50 ISA, ayant demandé à la DRJS une carte PRO afin d’enseigner en France, ont été convoqués pour une mise en situation, à peine une dizaine d’entre eux se sont déplacés et deux seulement ont été reconnus aptes à enseigner en France et gratifiés d’une carte Pro.
La Fédération Allemande de Surf a créé des diplômes sur le modèle du BE français, d’un niveau donc bien supérieur à l’ISA. Le président de la FFS, Mr Arassus est également président de la Fédération de surf européenne et la FFS a pour projet de créer un diplôme de surf européen calqué sur les standards et critères de qualité français. Cela permettrait peut-être d’avoir une autre alternative à l’embauche que le choix d’un ISA formé sur une période trop courte pour constituer un gage de qualité.
Parmi les options d’évolution de la formation, évoquées en interne par les cadres de la FFS :  la possibilité d’une formation continue pour les BP, avec une révision tous les 5 ans sur le modèle des diplômes de secourisme. Cela néanmoins ne semble pas être à l’ordre du jour.

Vers une meilleure communication ?

Quand j’ai soulevé un manque de communication, source probable de malentendus entre la FFS et les écoles de surf, il m’a été dit qu’auparavant, la FFS organisait deux réunions par an mais que les écoles labellisées ne se déplaçant pas, l’organisation de ces réunions avait été abandonnée.
Quand j’ai soulevé le fait que 70% des écoles françaises non labellisées avaient du mal à trouver des informations, Mr Bernadet a déclaré que l’on pouvait aller se rendre sur le site de la FFS.
Pour se renseigner donc, deux options : se licencier pour recevoir la newsletter par mail, sinon aller à la pêche sur le site de la FFS.
Pour y avoir cherché des informations à plusieurs reprises, je peux dire avec certitude qu’on n’y trouve pas tout.
Mr Bernadet a proposé, si nous le souhaitions, que nous organisions une réunion pour que les adhérents de l’association aient la possibilité d’échanger avec la Fédération Française de Surf.
Il est facile d’accuser la fédération de tous les maux, tandis que la FFS juge parfois un peu désinvolte l’attitude des écoles privées, qui demandent tout sans jamais s’investir dans le système fédéral.
Néanmoins, je pense que chacun peut dépasser ces représentations pour réfléchir ensemble aux moyens de défendre la belle spécificité française de l’enseignement du surf.
Cette rencontre était, je l’espère, un premier pas dans cette direction.
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Formation Surf, part 5 : l’associatif au cœur des tensions

Les écoles de surf ont des formes juridiques et des modes de fonctionnement très diversifiés. Certaines politiques peuvent donner le sentiment de favoriser les associations au détriment des structures privées. D’autres dispositifs réglementaires, de vouloir affaiblir les travailleurs indépendants. Eco-Safe Surfing a voulu prendre le contre-pied de toutes ces querelles lénifiantes en voulant représenter toutes les écoles de surf, clubs, privés, concessions de plage, écoles de dur, itinérants, multi-activités.

Néanmoins, ces écoles aux formes diverses sont concurrentes sur un même espace et force est de constater que les conditions d’accès à la plage et aux formations ne sont pas toujours très égalitaires. Pour dépasser les clivages, nous allons tenter de décortiquer certaines orientations structurelles.

La formation au service des uns

Certaines formations ne sont ouvertes qu’aux clubs, comprendre « association labellisée FFS participant au calendrier des compétitions », à l’exclusion donc des structures privées mais également des « clubs loisir ».

L’enquête DRJS 2008 préconise d’améliorer la communication à destination des clubs et écoles labellisées, qu’en est-il des autres écoles, pourtant majoritaires !? Le renforcement des dispositifs de formation vise également à professionnaliser les futurs salariés des structures… associatives affiliées à la FFS. Citation du rapport, « Former les moniteurs de surf sur le long terme », propositions émises :

« o La FFS développe un service d’appui aux clubs en termes de projet associatif (encadrement à l’année, projet pédagogique pour le scolaire et le périscolaire, projet fédéral, vie associative, etc.).

o La FFS met en place un système permettant de renforcer la formation des salariés des clubs. La professionnalisation des associations permet de renforcer et de légitimer le discours et les valeurs de la FFS (Lutter contre la déperdition du discours fédéral dans les écoles de surf, notamment dans les entreprises).

o Enfin, la FFS propose un système de formation à destination des dirigeants élus des associations. L’ambition est ici de « professionnaliser » (entendu ici comme rationaliser) les décisions administratives, de gestion, de recrutement, etc. au sein des clubs ».

Pourquoi pas, mais que propose-t-on aux autres types de structures en terme de formation et d’échange ?

L’adjudication au bénéfice des uns

Évoquons à présent les conditions d’adjudication : il s’agit de la réglementation mise en place par chaque mairie pour autoriser un nombre limité d’écoles à exercer sur ses plages. Le rapport DRJS 2008 préconise une mesure pour le moins inégalitaire :

« Une possibilité de rationalisation des procédures d’adjudication pourrait être la suivante :

1-les écoles commerciales candidatent en début de saison auprès des municipalités,

2-les écoles sélectionnées paient une taxe à la municipalité (au prorata de l’espace mis à disposition et du nombre de moniteurs prévus par exemple),

3-le montant des taxes obtenu sert à financer les associations locales pour développer à l’année le surf de compétition, le surf pour tous, les entrainements des surfeurs du club, etc ».

En effet, à l’image des écoles privées, la plupart des clubs proposent également une activité commerciale, en émettant des offres de type stages de surf à destination des vacanciers. La saisonnalité de l’activité, de même que des prestations peu différenciées font que la frontière entre l’action des clubs et celle des privés est finalement assez mince.

Le rapport de la DRJS reconnaît d’ailleurs cet état de fait :

« Alors qu’assez logiquement les écoles commerciales déclarent avoir une activité quasi exclusive en période estivale, il apparaît que de nombreux clubs labellisés opèrent des modes de fonctionnement similaires. Aussi, comme nous l’avions formulé ailleurs, « sous couvert d’un statut associatif, des écoles associatives se révèlent être de véritables entreprises à but lucratif pour les périodes estivales ». Autrement dit, le club n’est-il qu’un « prétexte » à l’emploi en période estivale ? Comment le discours fédéral ordinaire du sport en France est-il promulgué ? ».

Toutefois, cette proposition est nuancée puisqu’il s’agirait de reverser le produit de cette taxe aux clubs qui ne pratiquent pas d’activité commerciale concurrentielle. Entretient réalisé en 2009 par Christophe Guibert, dans le cadre d’une étude, Les effets de la saisonnalité touristique sur l’emploi des moniteurs de sports nautiques dans le département des Landes :

« Une piste proposée par le Président du Comité Départemental consiste à établir un forfait à l’égard des entreprises souhaitant offrir des cours de surf, lequel permettrait aux municipalités de subventionner les associations afin de pérenniser les emplois : On a commencé à y réfléchir ! C’est que les écoles privées paient une sorte de patente, qu’ils aient une plage l’été moyennant quoi cette patente serait reversée au club local. Auquel cas, le club, lui, arrête d’être commercial et d’être concurrentiel des écoles privées ».

Clubs et privés, des orientations communes

Les clubs sont déjà favorisés par des avantages financiers (subventions) et en nature (locaux gratuits, écoute bienveillante des pouvoirs publics), qui leur permettent d’exercer une concurrence pour le moins déloyale sur le terrain des stages de surf. Aussi, il serait proprement hallucinant d’aller taxer les entreprises privées pour aller alimenter les caisses des clubs qui les concurrencent !

Certes, tous les clubs ne vivent pas des stages de surf. Cependant, les associations ont le droit d’exercer une activité commerciale, sous certaines conditions, tel que le rappelle le rapport 2008 :

« Les associations peuvent tout à fait légalement exercer des activités commerciales.

Elles sont alors soumises au droit commun du code de commerce et ont en outre l’obligation spécifique, conformément à l’article L. 442-7 du Code du commerce, de mentionner dans leurs statuts, si tel est le cas, l’exercice habituel de leurs activités marchandes.

Au plan fiscal, les associations exerçant à titre habituel une activité lucrative sont assujetties aux impôts et taxes commerciaux (IS, taxe professionnelle, TVA), dans tous les cas où elles exercent leur activité sur un marché concurrentiel et où elles fonctionnent comme une entreprise purement commerciale. Seules les associations réservant leurs prestations à un public spécifique et exerçant une activité sociale sans but lucratif bénéficient d’un régime d’exonération fiscale.

Par ailleurs, si une entreprise commerciale estime être victime localement de concurrence déloyale de la part d’associations, elle peut engager une action contentieuse devant le juge civil sur la base des articles 1382 et 1383 du code civil. Il importe dans ce cas qu’elle puisse démontrer la réalité du dommage à son activité (baisse du chiffre d’affaires par exemple) et le lien de causalité entre l’activité de cette ou ces associations et la baisse du chiffre d’affaires en résultant pour son entreprise. Les services de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes peuvent intervenir dans les cas de publicité trompeuse, en application de l’article L. 121-1 du code de la consommation, ou d’infraction aux dispositions sur le démarchage à domicile (articles L. 121-21 et suivants du code de la consommation) ».

De la même manière que des clubs occupent le terrain des activités commerciales estivales, certaines écoles privées encadrent des jeunes à l’année ou encore forment des compétiteurs de haut niveau. Il semble alors vain de diaboliser les uns ou les autres, puisque tous poursuivent une même mission d’éducation par le sport.

Toutefois, il est indéniable que les associations bénéficient d’avantages économiques liés à leur statut juridique. Aussi, à l’heur où les pouvoirs publics parlent de développement durable et de  cohésion sociale, la réflexion sur la formation et la réglementation doit non pas viser à renforcer les uns au détriment des autres mais à préserver l’égalité de tous. L’espace plage est un espace de plus en plus saturé, il est important pour l’avenir de la profession de créer des conditions d’accès équitables et justes (formation, adjudications, réglementation) pour que tous puissent travailler harmonieusement.

Notre association souhaite en finir avec les guéguerres stériles, qui paralysent les écoles de surf, afin de trouver ensemble des solutions pour le bien commun de la profession.

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Lettre à la Fédération Française de Surf

L’action de l’association Eco-Safe Surfing s’inscrit dans une démarche pro-active, de discussion avec les instances publiques et fédérales, afin que les problématiques et besoins des professionnels enseignants et gérants d’écoles de surf soient entendus… et, tel est du moins notre espoir, prises en considération sous forme d’actions concrètes, en ce qui concerne la formation, la défense de notre liberté d’exercice et de nos métiers.

Voici la lettre, à ce jour sans réponse, que nous avons envoyée au président de la Fédération Française de Surf, en vue de créer les conditions de cet échange:

Bonjour Mr Arassus,

Je vous contacte en qualité de président de l’association Eco-Safe Surfing en vue de solliciter une entrevue avec vous, pour vous présenter notre démarche.

Tout d’abord, et pour dissiper tout malentendu, nous ne nous posons pas en concurrents de la FFS ou de son label, nous considérons que notre démarche est complémentaire.
Elle est par ailleurs ciblée puisqu’il s’agit de représenter les moniteurs et gérants d’écoles de surf dans leur diversité, qu’ils soient labellisés FFS ou pas, car tous expriment des inquiétudes face à l’avenir de leur profession et conditions d’exercice (conditions d’adjudication des mairies, émergence de nouvelles taxes, concurrence des ISA, besoins en formation, etc.). A travers notre association, ils trouvent de l’information et un moyen de participer aux débats publics qui les concernent directement. On parle de l’individualisme des surfeurs, nous pensons que nous avons plus en commun à défendre collectivement, qu’à garder jalousement chacun dans son coin.

Notre charte de qualité ressemble un peu à la charte tourisme durable des offices de tourisme du Seignanx, en ce sens qu’elle encourage chacun à s’améliorer et crée les conditions d’une réflexion et d’une évolution des mentalités. Elle est aussi un peu l’esprit de l’association, un outil pour faire avancer notre profession. Il existe d’ailleurs à ce jour plusieurs labels et chartes de qualité écoles de surf, chacune avec ses particularités. Nous encourageons nos adhérents à continuer à se labelliser auprès de la FFS dans la mesure où nous ne proposons pas de responsabilité civile et autres avantages que vous avez mis en place dans votre label.

Des choses intéressantes pour les gérants et moniteurs d’écoles de surf se passent actuellement puisque le GIP Littoral aquitain (plan action glisse) et la DRJS avec son enquête métiers du surf interrogent la profession. Nous aussi avons réalisé plusieurs enquêtes afin de faire remonter nos problématiques et nos besoins, notamment en ce qui concerne la formation, et émis des propositions.

Nous aimerions échanger avec vous, en particulier sur la formation, puisque certains besoins ont été exprimés. Notre point de vue est je l’espère constructif, il ne vise pas à critiquer la FFS ni à contester sa légitimité, mais à ouvrir le débat afin de préserver la qualité de l’enseignement et les conditions de vie des moniteurs et gérants d’écoles de surf. Nous avons souvent l’impression d’être isolés, utilisés comme actifs sans être pour autant consultés ou écoutés, je pense qu’établir un dialogue ne peut être que positif.

Merci pour votre écoute,

Cordialement,

Eric Lafargue, président de l’association Eco-Safe Surfing.

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Formation Surf, part 4 : no communication no future

Isolés comme des Papous !

Le rapport DRJS de 2008* suggérait qu’il était nécessaire de communiquer auprès des moniteurs de surf pour leur faire connaître le nouveau dispositif de formation, articulé autour du BPJEPS. En effet, le constat était alors celui d’un manque criant de connaissance de la part des professionnels enseignants :

 » Seules deux personnes interviewées connaissent en détail le contenu du nouveau dispositif de formation ainsi que les évolutions par rapport au BEES. Autrement dit, une nette majorité n’appréhende pas clairement les changements entre les deux diplômes ainsi que les logiques de suivi de formation (durée des parcours, coût, contenu des unités d’enseignement, etc.).

Certains croient par exemple pouvoir embaucher des stagiaires, d’autres non. Certains pensent que les stagiaires ne peuvent l’être que dans des structures associatives alors que d’autres pensent que le type de structure n’est pas un critère distinctif pour effectuer un stage. Si le fait de savoir qui précisément est dans le faux ou dans le vrai n’est pas important en soi, c’est plutôt le manque de connaissance à l’égard du BPJEPS qui est à noter. Aussi, soit l’information est peu disponible et sa diffusion est confidentielle, soit les responsables de structures ne vont pas « chercher l’information ». Toujours est-il que les employeurs, aux fins d’embauches futures, devraient être bien informés de l’offre de formation. »

Or, en 2018, soit exactement dix ans plus tard, rien n’a évolué, l’enquête Eco-Safe Surfing montre bien, dans ses réponses mais également dans ses questionnements, que le niveau d’ignorance des moniteurs de surf est maximal concernant la formation, son contenu et le système d’attribution des stagiaires.

Extrait du rapport 2008 : « Une plaquette standardisée (type dépliant A4 en trois volets) avec les spécificités de chaque diplôme (coût, durée, lieu de formation, métiers ou fonctions correspondants, VAE…) puis les passerelles existantes entre chacun d’eux serait utile à l’ensemble des responsables de structures pour qui la situation actuelle n’est pas toujours très claire mais aussi pour les surfeurs désireux de valider une formation diplômante.

Cet outil pourrait être diffusé à une large échelle, par exemple dans les ligues, les comités et les clubs de France, comme document annexe à ceux fournis lors de l’acquisition d’une licence, sur les lieux de compétition fédérale, etc. »

Le rapport DRJS 2008 proposait ainsi de diffuser des brochures dans les structures affiliées à la FFS. Selon le rapport Eco-Safe Surfing, les écoles labellisées FFS, en 2018, ne semblent pas mieux informées que les autres. Les seuls moniteurs à bien connaître le dispositif de formation sont ceux qui participent à la formation dans les centres.

« Un document récapitulatif de l’ensemble des diplômes fédéraux (BIF, BAF, BEF) et d’Etat (parcours long et court du BPJEPS, DE, DES) avec :

  • Les spécificités et les finalités de chacun d’entre eux.
  • Les passerelles possibles (en termes d’allègement de formation par exemple).
  • Les ouvertures professionnelles potentielles.
  • Un document type (dépliant ou feuille A4) sous forme de graphique ou de tableau aux fins de lisibilité et d’appropriation par tous (et diffusé massivement dans les structures) serait ici utile.

Enfin, les clubs doivent être mieux soutenus par la fédération, notamment en termes de communication d’après L. Caillet : la réalisation d’une plaquette explicite et claire de l’ensemble des formations (type, lieux, coût, durée, passerelles, etc.) doit être assurée ».

Rappelons que les moniteurs des 70% d’écoles non labellisées FFS ont eux aussi besoin de faire évoluer leur formation, de former et d’accéder à des personnels qualifiés et le terrible constat 2018, c’est qu’ils sont laissés dans le noir complet.

Le questionnaire Eco-Safe Surfing, une bouée à la mer

La démarche de notre association est évolutive. Poser les bonnes questions est malaisé lorsqu’il est même difficile d’obtenir des réponses simples, telles que : avec mon diplôme d’État, à quelles formations puis-je prétendre pour améliorer mon niveau de compétence ?

Aussi, la diffusion des informations sur le site ecosafesurfing.com, que nous collectons au cours de cette enquête, vise avant tout, non pas à porter des jugements, mais à obtenir des réponses pour sortir de notre ignorance. La diffusion de ces éléments sur le site amène d’ores et déjà des réponses individuelles de la part de moniteurs de surf qui nous contactent spontanément. Mises bout à bout, ces réponses permettent de mieux comprendre les dispositifs de formation et de mettre cette information à la disposition de tous.

Par notre démarche, nous espérons également toucher les organismes de formation pour créer un échange, afin d’obtenir des réponses cruciales pour l’avenir de chaque professionnel :

Quel est le contenu du BPJEPS ?

Quelle formation complémentaire après le BPJEPS ou le BEES ?

Être un club affilié dédié à la compétition ouvre-t-il plus de droits à la formation ?

Comment sortir de l’opacité qui entoure le système d’attribution des stagiaires ?

Où aller chercher l’information concernant les stagiaires ?

Prendre en charge la formation d’un stagiaire pour une petite structure, est-ce économiquement viable ?

Quelle alternative à l’embauche d’un ISA en terme de formation en France ?

* DRDJS Aquitaine – Le surf en France. Emplois-employabilité-formations – Rapport final, Mouvens / C.C – C.G / 2008 page 54/178

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Formation Surf, part 3 : Création versus Emploi

Le BPJEPS et l’inévitable aggravation du paradoxe français : le « babyschool boom »

Le rapport 2008 de la DRJS sur l’emploi surf propose comme solution, pour allonger la durée des contrats de travail, de former, dans le cadre du brevet professionnel, des gestionnaires de clubs ou de leur donner des compétences pour développer une structure commerciale:

« Un moniteur de surf doit donc être un véritable « agent de développement » de sa profession et de son sport s’il veut pouvoir élargir la période d’activité professionnelle et ne plus être titulaire de la saisonnalité touristique estivale ».

Or, les écoles de surf en place trouvent de plus en plus difficilement de moniteurs de surf à salarier, pour une raison très simple : ces derniers montent leur propre structure dès qu’ils sortent de formation. Alors qu’auparavant, un jeune éducateur surf travaillait quelques années dans une école de surf (pour parfaire son expérience), depuis une dizaine d’années, l’éducateur surf tout frais sorti de formation se met aussitôt à son compte.

On peut alors se demander si la stratégie préconisée par le rapport n’est pas contre productive : les visiteurs en hors saison ne sont pas assez nombreux pour alimenter un nombre croissant d’écoles, gérées par des moniteurs de surf qui sont de mieux en mieux formés aux outils de la création d’entreprise et du marketing. Les premières écoles historiques évoluaient dans un espace vierge de toute concurrence, il n’était alors pas nécessaire d’être un brillant commercial pour faire tourner son école, cet âge d’or est clairement révolu, il faut prendre en compte les limites d’un marché qui arrive à saturation.

Le coût et la durée de la formation au BPJEPS, qui ont augmenté par rapport à l’ancien Brevet d’Etat, sont également pointés comme facteurs d’accroissement du nombre de création d’écoles. Extrait du rapport 2008 : « Selon ce gérant d’une école des Landes, ça va en dissuader pas mal pour ce qu’il y a au bout… Hormis ceux qui veulent monter leur propre structure, je ne vois pas l’intérêt : il faut voir le retour sur investissement ».

Par ailleurs, seules les structures associatives peuvent embaucher un moniteur à l’année. Dans ce cadre-là, l’éducateur peut en effet avoir besoin de connaissances de gestionnaire pour faire vivre et développer le club à l’année. Malheureusement, les salaires peu attractifs n’empêchent pas cette hémorragie de profs : ces derniers finissent par changer d’orientation professionnelle ou créer leur propre école de surf. Le rapport 2008 pose ce constat : « Les niveaux de rémunération sont généralement plus élevés en entreprise que dans les associations. Les permanents des clubs sont moins rémunérés que les CDD qu’ils emploient. Le niveau de rémunération est dans ce cas inverse au niveau hiérarchique ». Les perspectives d’évolution professionnelle dans un club du fait des salaires, ou dans une structure commerciale, du fait de la saisonnalité des contrats, ne rendent pas l’embauche suffisamment stimulante.

Pourtant, tandis que toute une génération d’employés de l’industrie du surfwear a connu des salaires anormalement bas (sous prétexte de happy surfing way of life), les niveaux de salaire des éducateurs surf se sont toujours maintenus à un niveau relativement haut. Tendance que la pénurie de moniteurs n’a fait que renforcer. A titre d’exemple, certaines écoles, ne trouvant plus de BPJEPS, paient des ISA (diplôme moins qualifiant) au même niveau que des éducateurs sportifs.

Quelques pistes pour sortir de l’ornière : plus de formation !

Si la seule alternative au manque de moniteurs est pour les écoles françaises d’embaucher des professeurs venus d’autres pays, dotés d’un diplôme international peu qualifiant – l’ISA -, il n’est pas besoin d’être un génie pour conclure que le BPJEPS ne suffit plus à produire suffisamment de main d’œuvre à l’embauche saisonnière.

Pour autant, la haute qualification des métiers du sport en France est un gage de qualité et de préservation des salaires, il ne faut pas tuer le BPJEPS. Le rapport de 2008 ouvre quelques pistes pour enrichir la formation afin de pallier au manque de moniteurs :

Puisque le BPJEPS se divise en une formation courte et une longue, la première pourrait former les saisonniers, la deuxième les gérants et permanents de clubs. « A défaut d’évolution dans ce sens, l’instauration du DEJEPS ou DESJEPS est souhaitable à court terme ». Là encore, il s’agit de développer les compétences dans la gestion d’une structure sportive, ce qui ne résout pas le problème du manque de main d’œuvre sur la période estivale.

Le questionnaire Eco-Safe Surfing 2018 montre que les moniteurs de surf regrettent le BF2 car ce dernier permettait de disposer d’un aide-moniteur à former, placé sous la dépendance d’un diplômé d’État de surf. L’avantage de ce diplôme intermédiaire pour les écoles employeuses : le BF2 ne pouvait pas monter sa structure de surf car son diplôme ne le rendait pas autonome au regard de la réglementation. Le sport étant classé parmi les sports à risque, un brevet fédéral ne peut toutefois plus être mis en place.

Toutefois, un autre diplôme calqué sur le modèle de l’ancien BF2, de niveau intermédiaire entre le BPJEPS et l’ISA, serait le bienvenu pour offrir en haute saison aux écoles des personnels à l’embauche, non pas des concurrents mais des employés ou des partenaires. C’est ce que préconise le rapport 2008 de la DRJS :

« Un diplôme « adapté » de moniteur-animateur… serait formalisé à destination des moniteurs émettant le souhait d’être « saisonniers » et son usage destiné à la découverte et à l’initiation du surf en saison estivale…

Les cours seraient assurés uniquement auprès de débutants dans une logique pédagogique de découverte et d’initiation…

Le diplôme adapté : un CQP surf ?

Le titulaire du diplôme « adapté » assurerait ses enseignements sous la responsabilité administrative et pédagogique d’un diplômé d’Etat (BEES 1 et 2, BPJEPS, DEJEPS, DESJEPS)… ».

Mais le rapport évoque une limite à la mise en place d’un tel diplôme : « Un tel allègement nécessite donc de reconsidérer la question de l’enseignement contre rémunération en environnement spécifique ». Or, le diplôme ISA, peu qualifiant au regard des diplômes déjà existants sur le sol européen, permet de travailler contre rémunération sur le sol français ! Il y a là un imbroglio que les professionnels ne comprennent pas.  Si quelqu’un – moniteur/formateur, cadre de la FFS ou de la DRJS – peut nous renseigner, il sera plus que bienvenu !!

Il existe dans d’autres disciplines sportives toute une palette de diplômes intermédiaires, parmi lesquels le CQP, le contrat de qualification professionnelle qui permet d’enseigner contre rémunération. Ces solutions évoquées en 2008 n’ont, dix ans plus tard, débouché sur rien de concret. Espérons que les réflexions actuelles prendront en considération les problématiques émises par les gérants d’écoles de surf présentes sur le « terrain », pour leur donner les moyens de leurs objectifs sociaux- professionnels.

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