La régulation des écoles de surf

Diagnostic Eco-Safe Surfing, part 7 : gestions municipales des conditions d’accès aux plages des écoles de surf

L’histoire du surf en France est relativement récente, aussi l’explosion du nombre de pratiquants date d’une vingtaine d’années. Face à ce phénomène, les mairies sont dans une démarche de prévention des risques. En l’absence de précédents, chacune d’entre elles a donc mis en place des procédures diverses pour tenter d’endiguer le phénomène, sous forme de dossiers de candidature et d’arrêtés municipaux. Par la force des choses, cette réglementation nouvelle et quelque peu expérimentale crée de la contrainte sur l’activité des écoles de surf.

Ainsi, selon l’enquête du Conseil Départemental de 2016, parmi les problèmes principaux rencontrés par les écoles de surf:

« Enfin, la majorité des écoles de surf ont recensé des problèmes de réglementation (autorisations municipales qui nuiraient à la liberté d’entreprendre) mais aussi un manque de prise en compte de l’activité surf sur le territoire (le surf simplement utilisé comme une image et non comme un actif territorial) ».

  • Les conditions d’accès, différentes selon les communes, sont ainsi perçus par les écoles de surf :

Libres : certaines municipalités ne limitent pas l’activité des écoles de surf, elles n’imposent pas de dossier de candidature, une simple déclaration d’exercice suffit, assortie des justificatifs professionnels. Il s’agit généralement de communes où le partage de l’espace plage est peu problématique, n’étant pas encore saturé d’écoles de surf. Dans ces communes, les écoles se partagent l’espace en bonne intelligence.

Proactives : dans quelques communes, en concertation avec les élus, c’est une association d’écoles de surf qui gère la problématique des autorisations estivales, quand la pression du nombre d’écoles l’exige. Là, les écoles sont considérées comme des experts à consulter sur les questions de sécurité et de gestion des plages.

Souples : la réglementation par arrêté municipal s’exerce dans la limite d’un cadre juridique strict et vient contrôler l’aspect sécuritaire de chaque école (diplômes, carte pro valide, responsabilité civile, moyens d’assistance). Là, il n’y a pas de zonage ni de limite de moniteurs par école de surf. Les rapports entre la municipalité et les écoles de surf sont ressentis comme étant basés non sur la contrainte mais plutôt sur la confiance. Une reconduction tacite des autorisations a lieu chaque année, en l’absence de comportement inapproprié.

Inégalitaires et contraignantes : là, on s’écarte de ce cadre juridique purement sécuritaire (c’est cela qui permet à une mairie de limiter le libre accès au littoral, principe du droit français) pour exiger des contreparties diverses de la part des écoles, parfois financières, la possession d’un label, la divulgation des informations internes de l’entreprise. Avec à la clef l’agrément d’un nombre variable de moniteurs par école et l’attribution de telle ou telle plage, inégalement favorables à la pratique du surf.

Ici, les dossiers de candidature créent un malaise et sentiment d’injustice de la part des écoles de surf car ils viennent amplifier les inégalités de fait entre divers types de structures : entre les privés et les clubs, entre les grosses et petites écoles, ceux qui ont des aides de la mairie comme certaines associations et ceux qui n’en ont pas, ceux qui n’ont pas de label et ceux qui ont tous les labels car ils sont en capacité financière, ceux qui n’ont droit qu’à un seul moniteur tandis que le concurrent en a deux, ceux qui ont un local fixe ou ceux qui fonctionnent en itinérance, sans parler de ceux qui ont une concession.

Coûteuses : lorsque l’autorisation est conditionnée par le paiement de taxes, cela peut également faciliter la concentration de l’économie de l’enseignement du surf aux mains d’entreprises engagées dans une politique d’expansion agressive (grosses structures écoles de surf, multinationales du surfwear).

Certaines communes justifient le paiement de ces droits d’accès payants prohibitifs par l’attribution d’une concession de plage à chaque école. Le choix de prendre une concession de plage devient alors un « choix » imposé. On n’est plus du tout dans le développement durable : les coûts de fonctionnement élevés obligent chaque école à bombarder la plage de cours de surf pour rentabiliser leur business, aggravant la saturation de l’espace. Alors que certaines d’entre elles avaient précédemment une stratégie commerciale plus raisonnée.

Précarisantes : quand l’autorisation peut être retirée d’une année sur l’autre, à deux mois de la saison, les entreprises écoles de surf s’en trouvent fragilisées, en particulier celles qui ont une concession de plage.

  • Le GIP Littoral Aquitain veut créer un modèle commun sur toute la côte, sous forme de guide, pour aider les mairies dans leur gestion des écoles de surf, tâche délicate dans la mesure où il faut trouver un juste équilibre entre limitation réglementaire et liberté d’entreprendre.

Il semble que ce guide ait l’ambition de préserver des principes de justice, d’égalité et de diversité du tissu social et entrepreneurial tout en garantissant la sécurité des usagers de la plage. Un guide qui devrait s’inspirer de procédures déjà existantes, mises en place par quelques municipalités.

Une inquiétude des acteurs de la filière écoles de surf, c’est que certains modèles existants affaiblissent les petites ou moyennes structures au bénéfice d’une stratégie de monopole des entités les plus grosses, à l’image de la grande surface causant l’extinction du petit commerce.

De plus, tandis que la réglementation des écoles se fait de plus en plus lourde, ne cesse pourtant de s’accroître le nombre des écoles nouvellement autorisées.

En outre et quelle que soit leur taille, les écoles de surf, sous la pression des prix cassés (uberisation de la profession), de nouvelles taxes, labels et autres contraintes réglementaires se font du soucis pour leur avenir et souhaitent participer à l’élaboration de ce modèle global de gestion des plages.

Conscientes que l’accès aux plages doit être réglementé en prévision du jour prochain où cet espace aura atteint son niveau maximal de saturation, Eco-Safe Surfing a réalisé ce diagnostic pour que les problématiques des écoles de surf soient connues et que leur expérience de terrain profite à la collectivité.

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L’existence indispensable de zones non-réglementées

Diagnostic Eco-Safe Surfing, part 6 : l’existence de zones non-réglementées est indispensable, mais en l’absence de contrôles, elles deviennent une zone de concurrence sauvage

  • La zone non réglementée vient offrir aux écoles, auxquelles on a imposé un zonage restrictif (alors que la mobilité des bancs de sable impose un certain nomadisme à l’activité surf), un espace supplémentaire pour trouver le banc de sable adapté à l’activité.

Cette zone est fréquentée également par les écoles non autorisées en zone réglementée, notamment les écoles étrangères, qui ne sont pas soumises aux mêmes contraintes réglementaires que les Français, et enseignent avec des diplômes au rabais qui leur permettent de casser les prix et de constituer une concurrence déloyale.

En l’absence de contrôles fréquents sur cette population, il est possible à une personne non ou peu qualifiée de proposer des prestations d’enseignement sur le territoire français (à prix cassés), tandis que l’école française doit jongler avec tout un éventail de restrictions, procédures administratives, taxes et encombrement physique de cet espace, ce qui est foncièrement injuste.

Rappelons que cette zone est réglementée dans une tranche horaire limitée, entre 11h et 19h le plus généralement.

  • Il y a des zones non réglementées mais également des périodes non réglementées :

Là aussi, hors période estivale, la majorité ou la totalité du trait de côte n’est plus surveillé, les activités n’y sont plus réglementées par les mairies. Ce qui constituait un atout devient un inconvénient du fait de la saturation du marché.

En effet, tout le territoire côtier devient libre d’accès et non réglementé, les éducateurs surf, en vertu de leur diplôme qualifiant, peuvent laisser libre cours à leur action pédagogique, sans contrainte aucune de zonage imposé. A travers divers rapports, les acteurs du tourisme aquitain encouragent ces écoles à développer leur activité hors saison et attirer ainsi les visiteurs à des périodes où traditionnellement, ils ne venaient pas sur la côte.

Hélas, là encore, la surmultiplication des écoles de surf fait que cette clientèle, moins nombreuse qu’en été, se trouve dispersée dans une myriade d’écoles de surf. Ainsi chaque école, au lieu de développer son activité, est-elle condamnée à vivoter du peu de clients qu’elle parvient à capter, trop d’acteurs se partageant le même gâteau.

Car en plus des écoles légitimées par les autorisations municipales estivales, peuvent exercer sur un espace non réglementé (donc libre d’accès à tous) les moniteurs français non autorisés l’été mais également tous les pseudo-moniteurs européens qui donnent des cours, avec ou sans carte professionnelle, avec ou sans lycra, avec ou sans ISA (diplôme international).

  • L’écueil d’une sur-réglementation

Toutefois, Eco-Safe Surfing met en garde contre la tentation de sur-réglementer les plages : nous avons vu que des portions de plages échappaient à la réglementation des activités nautiques, de la baignade et du surf.

Si cela venait à changer, croyant faire barrage à la concurrence sauvage, les écoles déjà en place risqueraient de s’en trouver pénalisées elles-mêmes : en effet, ces temps et zones non réglementées leur permettent de faire fi des aléas de la météo, des variations de bancs de sable et de l’inconstance d’un milieu naturel qui ne concorde pas toujours avec l’attribution d’une plage à l’exclusion d’une autre.

Dans les activités de nature, il faut voir plus loin que le bout de la saison : en l’espace de quelques jours seulement, les bancs de sable peuvent disparaître et rendre l’enseignement du surf impossible.

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Problématique de la multiplication des écoles de surf

Diagnostic Eco-Safe Surfing, part 5 : la problématique de la multiplication du nombre d’écoles de surf

  • Les maires font valoir leur devoir de garantir la sécurité de leurs usagers lorsque, par des arrêtés municipaux, ils tentent de réduire le nombre des écoles de surf présentes l’été sur leurs plages. L’argument avancé : en période estivale, le nombre d’élèves surfeurs, présents dans l’eau, vient rajouter de la pression humaine et augmente les risques d’accidents.

D’où l’importance d’une zone réservée aux baigneurs, à l’exclusion des surfeurs qui se partagent le reste de l’espace.

Les maires également sont attentifs aux conflits d’usage, entre surfeurs, entre surfeurs et baigneurs, entre surfeurs et pêcheurs, entre pêcheurs et baigneurs, entre kite-surfeurs et usagers de la plage, etc.

A titre d’exemple, bien qu’ils ne soient pas autorisés à se baigner hors zone de bain (drapeaux bleus), les baigneurs déplorent parfois la présence de tous ces surfeurs dans cet espace pourtant hors baignade surveillée.

Les free surfeurs (non encadrés) quant à eux pointent du doigt l’encombrement humain des élèves surf, bien que ces derniers soient généralement circonscrits au bord et sur des spots peu attractifs pour le surfeur expert (vagues plus petites).

  • Toutefois, malgré la multiplication du nombre d’écoles de surf, dans les réunions municipales de fin de saison, aucune mention n’est faite d’un nombre accru d’accidents liés à la pratique encadrée du surf en école de surf. Comment expliquer cela sinon par le professionnalisme des écoles et éducateurs de surf : elles utilisent systématiquement depuis dix ans des planches en mousse qui ont grandement limité la dangerosité de la pratique ; dans cet esprit, la sécurité est au premier plan de l’action pédagogique des moniteurs qualifiés.

Par ailleurs, les éducateurs de surf, en s’étalant bien au delà de la zone réglementée, viennent renforcer le dispositif de sécurité officiel composé des surveillants de baignade. Ils signalent et portent assistance aux baigneurs en difficulté et ont eux-aussi un rôle de surveillance (qui découle de l’obligation de porter assistance à toute personne en danger, dès lors qu’on a les qualifications pour le faire, notamment des diplômes de secourisme). Ils communiquent avec les chefs de poste sur les conditions de mer et problématiques liées à la dangerosité de l’océan.

Au lieu d’encourager cet échange tacite, il est parfois regrettable que les surveillants de plage soient cantonnés à un rôle de surveillance des écoles de surf autorisées, plutôt que de partenariat, ce qui eut été plus valorisant pour les deux parties, et surtout plus productif.

  • La deuxième problématique concerne les écoles de surf et leur capacité à mener à bien leur action pédagogique dans des conditions de sécurité optimale : en effet, on peut imaginer qu’au delà d’une certaine quantité de moniteurs et d’élèves de surf sur un espace donné, il puisse devenir impossible de surfer sans se gêner et occasionner des collisions.

La difficulté de cette problématique rejoint celle des mairies : comment réglementer un espace libre d’accès, sans empêcher le libre exercice de l’entreprise, en restant juste et équitable, sans favoriser les monopoles et en préservant la santé et la diversité du tissu social et entrepreneurial ? Ce qui est une des missions de la DDCSPP.

Et comment limiter la création de nouvelles écoles alors que des formations de professeur de surf sont dispensées et des diplômes délivrés dans les centres de formation (FFS, Creps, Ucpa), en dépit de la saturation du marché ? Qui plus est, un marché qui est ouvert aux travailleurs européens avec leur diplôme ISA.

50 % des écoles existantes ont été créées en l’espace de 7 ans seulement, depuis 2010 (enquête du CDTL). On observe en effet un changement de comportement de la part des individus tout juste sortis de formation, dotés du diplômé du BPJEPS, car ils montent à présent directement leur école. Auparavant, le moniteur fraichement diplômé travaillait pour diverses écoles, se faisait une expérience professionnelle solide avant de créer son entreprise. La psychologie de ces jeunes profs a changé : plus le marché se resserre, plus se fait sentir comme une urgence de s’installer, chaque nouveau diplômé représente alors une énième école. On peut parler de Baby Surfschool Boom ! La courbe du taux de natalité des bébés écoles de surf grimpe de manière vertigineuse, si bien que l’écosystème des écoles de surf dans son entier s’en trouve fragilisé.

De plus, l’effet de vase communicant vers les zones où l’économie du surf est moins développée n’a pas lieu, ce sont les zones déjà saturées qui sont les plus concernées par ce phénomène de babysurfchool boom.

Tandis que les centres de formation continuent de former des BPJEPS, le brevet fédéral (qui ne permet pas d’ouvrir sa propre école) n’existe plus, qui eut permis aux écoles de disposer de personnels qualifiés.

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Évolution du nombre d’écoles de surf

Diagnostic Eco-Safe Surfing, part 4 : évolution du nombre d’écoles sur la zone, ou « terroir surf », de Capbreton-Hossegor-Seignosse

L’enquête de 2016, du CDT Landes, dénombre 54 écoles réparties sur les 3 communes (Seignosse, qui a la plus longue côte, en comptait alors 23).

En 2017, si l’on comptabilise seulement les écoles autorisées, ce chiffre est passé à 73 écoles. Certaines étant présentes sur plusieurs communes (principe de « terroir surf »), on peut réduire ce chiffre à 65 écoles.

Une partie de ces écoles autorisées dispose d’un local commercial ou d’une concession sur une plage particulière et ne se déplace donc pas toujours sur les communes voisines ; d’autres écoles sont clairement itinérantes.

Toutes ces écoles autorisées, en vertu d’une sélection sur dossier basée sur la compétence et la capacité à assurer une sécurité optimale, travaillent avec le BEES ou le BPJEPS (diplômes d’éducateurs sportifs).

A l’exception d’un gros opérateur allemand, qui bien que ne travaillant avec aucun BEES ou BPJEPS, bénéficie d’une autorisation et vient concurrencer les écoles françaises, soumises à un système strict de sélection sur dossier et d’obligation de diplôme qualifiant (les moniteurs français ne peuvent obtenir de carte Pro avec le diplôme européen ISA, à moins d’avoir travaillé 3 ans à l’étranger, ce qui est pour le moins étrange).

A ce chiffre de 65 écoles viennent s’ajouter : 1. Les écoles françaises nouvellement crées ou qui peinent à obtenir l’autorisation des mairies d’exercer en période estivale dans l’espace réglementé. 2. Les écoles étrangères qui ont obtenu elles-aussi une carte Pro auprès de la DDCSPP, mais sur la base de leur diplôme ISA européen, diplôme 90 fois moins qualifiant que le BPJEPS (si on ramène cela à la durée comparative des deux formations). 3. Les moniteurs irréguliers, principalement étrangers, qui s’improvisent moniteurs, sans carte professionnelle et parfois sans diplôme ou équivalence de diplôme. 4. Les écoles limitrophes qui ne peuvent pas toujours travailler sur leurs plages (aléas des bancs de sable) et sont contraintes de déplacer leur activité.

Aussi, sur le terroir surf de Capbreton-Hossegor-Seignosse, on peut rajouter au minimum 21 écoles ou travailleurs indépendants à celles qui sont autorisées par les mairies. On est donc plus près de 86 écoles sur ces dix kilomètres de côte, en période estivale. Et ce chiffre est une estimation basse car il est difficile de détecter et de contrôler l’activité de ces moniteurs spontanés, sur et hors zone réglementée, et qui s’abritent parfois derrière une certaine mauvaise foi : « Je ne donne pas un cours de surf, je fais du guiding ».

 

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La notion de terroir surf

Diagnostic Eco-Safe Surfing, part 3 : la notion de « Terroir Surf »

  • Eco-Safe Surfing met en garde contre un zonage strict de l’activité surf, par plage ou par commune, en vertu des spécificités de cette activité de nature : en effet, le littoral est un espace à la topographie mouvante, soumise à l’érosion et aux aléas de la météo. Une topographie qui ne connaît pas les frontières humaines.

Concernant les communes limitrophes de Capbreton-Hossegor-Seignosse, les surfeurs fréquentent indistinctement les plages de ces 3 communes car ces quelques kilomètres réunissent des topographies et conditions de surf variées. Cette diversité, au gré des changements météo, offre un terrain de jeu incomparable aux surfeurs mais aussi aux baigneurs. Quelles que soient les conditions de mer, surfeurs ou nageurs, novices et confirmés, trouveront toujours une plage correspondant à leur niveau d’expertise (Exemples : plages abritées de Capbreton, plages plus exposées sur Seignosse, vagues pour les experts sur le spot de la Gravière à Hossegor).

  • Plutôt que de circonscrire l’activité à une seule commune, dans le cas de cette zone qui comprend les 3 communes de Capbreton, Hossegor, Seignosse, il conviendrait donc mieux de parler de « Terroir Surf » : d’ailleurs, si chaque école de surf de la zone est implantée sur une commune, elle opère souvent sur les trois, afin de faire profiter sa clientèle de la richesse de ce terroir, dans le souci d’une qualité et d’une sécurité de l’enseignement (endroit le plus sûr selon la météo).

Le Quick Pro France (Championnats du Monde de Surf qui ont lieu sur les meilleurs spots de la planète) reconnaît d’ailleurs l’existence de cette zone de surf puisque l’évènement, au grès des conditions météo et topographiques, peut avoir lieu sur les trois communes de Capbreton, Hossegor ou Seignosse.

Pour conforter encore ce concept de terroir surf, l’enquête réalisée par Swann pour le Conseil Départemental en 2016 identifie également Capbreton-Hossegor-Seignosse comme une zone particulière : la culture surf y est plus développée, de même que les évènements hors saison, ce qui explique qu’un plus grand nombre d’écoles de surf y soit implanté que partout ailleurs dans les Landes.

 
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Psychologie du consommateur surfeur et dichotomie de l’offre

Diagnostic Eco-Safe Surfing, part 2 : la psychologie du consommateur surfeur et la dichotomie de l’offre

Le GIP Littoral Aquitain, dans son plan Action Glisse, pointe les objectifs clef pour mettre en adéquation l’offre avec la demande de cette clientèle surf et associée.

Le visiteur est sensible à un aspect essentiel de la côte atlantique : nature et liberté. Ces valeurs qui sont chères aux surfeurs, le visiteur aquitain non surfeur les a également faites siennes.

Ainsi, le GIP encourage l’offre en hébergements de type Surf Camp mais aussi le tourisme durable et l’aménagement des bords de mer en vue de valoriser l’environnement.

Malheureusement, le visiteur se confronte encore parfois à des aménagements qui semblent aller à l’encontre des ces valeurs : destruction des maisons typiques pour les remplacer par des immeubles, bétonnage du bord de mer (au lieu de l’élément sable et végétal), parcmètres qui font fuir la clientèle vers d’autres communes (rappelons que cette clientèle est particulièrement sensible à la notion de liberté et de gratuité de l’espace littoral aquitain), chasse systématique aux véhicules aménagés qui participent pourtant d’une culture surf.

Sur le moyen terme, comment peut-on espérer profiter de l’image du surf et en retirer les bénéfices, tout en niant ce qui en fait toute l’essence, un ensemble de modes, de comportements et d’intérêts, notamment pour la nature et son libre accès. Quelques communes qui ont joué à fond cette carte de la culture surf attirent une clientèle qui déborde largement de la première sphère représentée par le pratiquant surfeur.

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Retombées positives liées à l’économie du surf

Retombées positives liées à l’activité des écoles de surf et de l’industrie de la glisse (Part 1 du diagnostic Eco-Safe Surfing)

L’enquête du GIP met bien en évidence que la crise de l’industrie du textile n’a pas fait chuter l’attrait touristique lié au surf, cela pour plusieurs raisons : l’offre s’est recentrée sur le technique et les activités de loisir, autrement dit, la consommation de cours de surf et de matériel spécialisé.

Bien que toutes les enquêtes, publiques ou marketing, pointent les effets positifs de l’image du surf, l’ampleur du phénomène surf et celle surtout de ses retombées économiques ne sont pas toujours reconnues à leur juste valeur. Et pourtant :

  • Une saison étirée :

Sans le surf, pendant la période estivale mais surtout en avant et après-saison, il n’y aurait pas de vie culturelle et de dynamisme économique. C’est ainsi que Hossegor, qui a su jouer la carte surf, peut étirer sa saison touristique tandis que d’autres stations balnéaires voient disparaître leurs visiteurs dès la fin du mois d’août.

Sans la Braderie de Soorts-Hossegor et sans le Quick Pro France, il n’y aurait pas d’arrière saison pour l’économie locale d’avril à octobre.

Sans l’attrait du surf et les écoles de surf, hors saison ou par temps maussade, les bords de mers seraient également désertés à Capbreton, Hossegor, Seignosse et sur l’ensemble du littoral.

  • Une clientèle qui consomme :

On a l’image du surfeur lambda dormant dans un van et autres clichés. Et si quelques-uns voyagent effectivement en van ou en camping-car, le surfeur consomme néanmoins de la restauration, des cours de surf, du textile et du matériel technique à hauteur de 59 € par jour en moyenne (selon l’enquête du GIP). En outre et pour contrebalancer la vision d’un surfeur dormant dans son van, le surfeur dépense en moyenne 16 € par jour pour l’hébergement.

Il convient de rappeler que l’on surfe et voyage de plus en plus en famille, que l’image du surfeur solitaire et vagabond correspond de moins en moins à la réalité (toutes les catégories socioprofessionnelles s’adonnent à la pratique du surf).

  • L’image surf attire aussi des amateurs de surf indirects : on vient voir les surfeurs lorsque fonctionne la grosse vague de La Nord à Hossegor, ou encore les pro à La Gravière lors du Quick Pro France, ou bien observer le spectacle de la mer en furie les weekend hivernaux. On peut alors parler de culture surf car le surfeur est un ambassadeur d’une zone, également auprès des non surfeurs, sa famille, ses amis, son réseau (facebook, etc).

Témoignage :

Boulangerie de la Plage, Capbreton : « A présent, hors saison et même lorsque le temps est couvert, si les vagues font plus de 1m50, cela attire beaucoup de surfeurs à Capbreton et nous faisons un excellent chiffre d’affaire. Par contre, s’il fait beau et que les vagues sont petites, nous ne travaillons pas ».

Le spot de La Nord
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Diagnostic des écoles de surf et de leurs problématiques

Les écoles de surf, acteurs prépondérants du tourisme aquitain : un diagnostic réalisé par Eco-Safe Surfing.

Plusieurs enquêtes publiques (ou mandatées auprès du privé) ont été menées pour connaître l’impact du surf sur le tourisme et l’économie régionale ou locale. Chacune de ces enquêtes vient valider le fait, connu et observable, d’une attractivité et d’une fidélisation pour la région, résultant de l’attrait du surf et des valeurs qui gravitent autour.

Le regroupement des écoles de surf Eco-Safe Surfing, de part son expérience du terrain et l’observation d’un territoire réglementé sur une vingtaine d’années (certains moniteurs adhérents font partie des premiers moniteurs historiques), a voulu compiler et compléter les enquêtes déjà existantes sur le sujet et livrer quelques clefs de réflexion et orientations pour le bien commun.

Sources les plus récentes :

Enquête 2016 : L’activité des écoles de surf sur le territoire des Landes, Comité Départemental du Tourisme des Landes, FEL Swann (contact@cdt40.com).

Etude du GIP Littoral Aquitaine, Etat des lieux de l’industrie du surf sur le territoire aquitaine en 2016

Les éléments de ce diagnostic des écoles de surf, par les écoles de surf, seront livrés, en plusieurs chapitres dans le fil des actualités.

Hossegor Surf Pro France
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